Dimanche 30 mars 2008

Pleure ô mon pays bien-aimé !

On a massacré ma terre,

saccagée, dévastée !

Un jour, alors que j'étais allée faire

la classe aux tout-petits

des hommes ont envahi

mon lopin de terre indépendant

sous les fenêtres de mon appartement

Résidence-Chose-Machin.

Bourrés de bonnes intentions, un matin,

avec pelles et râteaux,

ils l'ont anéantie

tuant dans mon îlot

ces minuscules vies

sans distinction de races

petits survivants du grand béton vorace.

Revenant au logis, oh ! douloureux tableau

je trouvais à la place une terre plate et lisse

sur laquelle trônaient ces massifs marauds

alignés, bien droits, par une perfide milice

de bourgeois ignorants.

 

Pourtant,

vivaient et croissaient là, en plein désert-béton,

le pissenlit et l'herbe folle, l'ortie blanche et la menthe sauvage ;

y faisaient bon ménage

la limace et le noir grillon ;

l'escargot gris côtoyait

l'escargot de Bourgogne,

un couple de criquets y chantait,

sans vergogne

son chant de liberté. C'était un petit havre de verdure

que m'avait accordé notre Dame Nature

au beau milieu

du béton des banlieues.

 

Rien n'avait été épargné

tout était nettoyé, rectiligne à souhait,

ne restait plus qu'un affligeant spectacle

laissé par ces hommes sans pitié, et portés au pinacle !

Plus aucun brin d'herbe mutine !

tout avait dû périr sous la fourche assassine !

 

chaque jour je regarde et j'écoute pleurer

ce p'tit-bout-d'terre-de-rien-du-tout

Il faut dire qu'elle choquait

sauvage, mal ordonnée, dans le béton brise-tout !

 

On en rêvait, on en parlait depuis longtemps

de le coloniser ce p'tit coin d'paradis

à la manière des esprits

rectilignes des bourgeois bien-pensants

car cela disaient-ils faisait "terrain vague", zone de troisième ordre

dans la Résidence-Machin-chose, quel désordre !

 

Pourtant ce sont ceux-là mêmes qui fuient,

vers leur Résidence secondaire mon-beau-logis-fleuri,

la grisaille des cités,

l'univers bétonné,

chaque dimanche

déferlante avalanche !

On les voit, sécateur à la main,

l'insecticide de l'autre

tailladant, tronçonnant, sarclant leur jardin

fervents apôtres

de la campagne à la ville ; et tout finit par ressembler

à l'univers-béton, la veille tout juste abandonné !

 

 

Oyez ! braves gens ! ce qui est arrivé

à ma modeste terre, au bas mot quatre mètres carrés,

Si vous n'y prenez garde, demain, votre coin de terroir

deviendra un immense désert, aménagé, tailladé,

plus de haies, plus de bosquets pour abriter le loir,

la mésange ou la fouine, le mulot affairé.

quand vous vous éveillerez

tout sera remplacé

par le maïs et le colza, et vos champs balayés

par le vent que plus rien ne peut plus arrêter.

Plus d'animaux, plus de fleurs, plus de vie

pour alimenter nos douces rêveries.

 

MORALITE

Il n'y a pas de place aujourd'hui

pour la poésie, la fantaisie, la rêverie,

sacrifiées au non de la sacro-sainte finance

et de sa toute puissance !

Des rapaces dévorent nos espaces…

A vos rangs, les oignons et que rien ne dépasse !

Par TORTUE - Publié dans : REVOLTES
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Dimanche 30 mars 2008

Il est des mots vides, il est des mots pleins ; un mot, parfois ne veut rien dire tandis qu’un autre dit tant de choses qu’un livre entier serait nécessaire pour coucher au fil des pages le sens, l’idée, le message qu’il contient. Parfois aussi, un mot, un seul vous saute au cœur et vous étouffe, de rire ou d’amour, d’idées, d’amertume, de nausée, c’est selon. Il y en a même qui disparaissent sous l’hégémonie d’un autre : un mot peut en cacher un autre. Chaque mot a sa noblesse, son utilité, son infini ou ses limites. Certains se suffisent à eux-mêmes tandis que d’autres ne peuvent vivre l’un sans l’autre

 

Je me souviens encore, lorsque j’étais enfant, de mots qui chantaient et revenaient sans cesse à mon esprit ; des mots utiles, des mots de tous les jours, des grands mots qui m’élevaient au rang d’une reine ; il y avait des petits mots doux, des petits mots drôles, des mots qui faisaient peur, des mots qui faisaient mal, des mots qui m’arrachaient des larmes, des mots qui m’écorchaient le cœur ; il y avait aussi des mots vides que je pouvais remplir et des mots pleins qui débordaient dans ma tête et me faisaient marcher sur la lune. Certains trottaient au bout de ma langue pour finir déformés par mon imaginaire : une étoile d’araignée, un flacon de neige… Il y avait aussi des mots que j’avais soudés et déformés comme je le fais aujourd’hui avec mes photographies où une plaine devient le corps d’une Eve sortie de terre.

 

Mais qu’ils fussent petits, grands, gros, vides ou pleins, utiles ou inutiles, c’étaient toujours des mots, des vrais, des magiques, nécessaires et vitaux. Ce bon vieux temps des bons vieux mots est révolu. Aujourd’hui, il est certains humains, surtout des hommes politiques, qui les ont vidé de leur magie et de leurs idéaux de mots idéaux. Ils les utilisent pour construire leur langue de bois, pour distribuer tout un tas de promesses qu’ils ne tiendront pas. Ils ont dépouillé les mots de leur sens ; ils asservissent le verbe et le nom à leur soif de pouvoir et de dividendes. Ils les vident pour les remplir avec du vide démagogique.

 

Comme quand j’étais enfant, il y a des mots qui trottent dans ma tête, que je vois, que j’entends, ici et là, selon les idées politiques. Ces mots ne sont plus que la dépouille mortelle d’idéaux ou tout simplement d’idées simples : démocratie, développement durable, démocratie participative, citoyenneté, jusqu’au mot « devoir » mort sous l’hégémonie du mot « droit » : « j’ai le droit de… »

 

Les Politiques se sont emparé de ces grands mots ;  ils les utilisent à toutes les sauces. Ces mots viennent épaissir artificiellement la sauce grand veneur, qui n’en à plus que le nom, de ces chasseurs de pouvoir politique. A l’instar des industriels de l’agroalimentaire ils font gonfler, pardon, velouter la soupe, avec des additifs afin d’utiliser le moins de bonnes matières premières ce qui réduit les coûts.

 

Ainsi, la sauce du mot «démocratie» -du moins sa dépouille mortelle-, revêtue dans son cercueil du mot «participative» devient-elle «démocratie-participative» dont l’ingrédient principal est un produit de synthèse bien moins coûteux : Démagogie.

 

Ainsi, le mot «développement» avec sont additif  «durable» donnent-ils une sauce mortelle lorsque celle-ci entre dans la cuisine des grands maîtres queux des cuisines de multinationales et de l’industrie nucléaire : AREVA, COGEMA, ANDRA, MOSANTO, CONFRONTATION EUROPE, etc.

 

Le tour de force de ces cuisiniers de la nouvelle cuisine linguistique est de produire des sauces toutes prêtes à l’emploi dont la date de péremption inscrite sur le sachet est illimitée, du moins le sera-t-elle tant que les citoyens leur laisseront les rênes de sa fabrication : on n’a que la sauce qu’on mérite !

Par TORTUE - Publié dans : REVOLTES
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Dimanche 30 mars 2008
 

 




Les vaches :
  

  religieuses en habit

d’un couvent à ciel ouvert !  

Qui prient-elles ainsi,

immobiles et sereines,

éparpillées dans la prairie ? 
 

L’angélus n’a pas encore sonné !

 

Par danielle - Publié dans : REGARDS
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Dimanche 30 mars 2008
 

 


Terre ! Terre!

Terre familière

terre de souffrance

terre d’errance !

 

La douceur de ton or lumineux

jaillit sous le fer tortueux.

Comme un arbre en automne

que la nudité de son corps étonne

tu revêts ton habit de lumière

au soleil vendémiaire.

 

Par TORTUE - Publié dans : REGARDS
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Dimanche 30 mars 2008
 

        Des pas dans l’escalier
des pneus crissent sur le gravier

            ce n’est qu’un rêve épuisant

                         je t’entends, je t’attends…

 

                     J’entends tes pas ce n’est pas toi

                   rien que la pluie qui frappe à ma fenêtre

                                    j’entends ta voix, ce n’est pas toi,

                                 rien que la brise qui hurle dans ma tête.

 

                                                     Tu pousses la porte doucement

                                                               ce n’est que le vent qui gémit

                                                                             je t’attends, je t’entends

                                                                                   obsession de mes nuits.

 

                                                                            Je me réveille enfin

                                                                     le cauchemar continue

                                                             c’est le petit matin

                                                        et tu n’es pas venu.

                                               
                                             Le vent poursuit à jamais sa complainte

                                      et le jour est semblable à la nuit
                             un long sanglot, comme une plainte

                         la journée est finie.

 

                  Le vide me saisit

             je tends la main,

         j’implore en vain,

     je retombe au matin 
  dans l’abîme de mes nuits

Que sera demain ?

 

 

Par Danielle - Publié dans : NOCE QUE...
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  • : 22/03/2008

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