Mardi 8 avril 2008
 

La couverture nuageuse

n'autorisera que très peu d'éclaircies

et favorisera quelques pluies par endroit.

Plus tard, les averses prendront le relais.

 

Je m'autorise à rester sous la couverture,

nébuleuse…

J'attends...

J'attends l'arrivée des éclaircies !

Un voile sombre couvre mon esprit,

j'ai froid !

il favorise une pluie de larmes

qui prennent le relais.

 

Par Danielle - Publié dans : CARNET DE BORD
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Mardi 8 avril 2008
 

"Quelques éclaircies apparaîtront

mais bientôt le soleil va disparaître

on attend l'arrivée d'une couche nuageuse".

 

 

J'attends ton arrivée

allongée sur ma couche,

qu'aucune éclaircie ne dévoile

Je ne vois plus le niveau de la mer ?

 

Par Danielle - Publié dans : CARNET DE BORD
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Mardi 8 avril 2008

La fable qui suit est le condensé de trois situations politiques dans le département de Haute-Marne s'échelonnant depuis 1992 jusqu'à nos jours :

 

La trame principale évoque, dans le cadre de la démocratie participative, la journée du 24 juin 2003 des "Assises du développement" organisées par le Conseil Général de la Haute-Marne. Tous les Hauts-marnais étaient invités afin d'y soumettre leurs propositions pour un développement durable du département.

 

la seconde situation évoquée concerne le-dit "laboratoire de recherche pour l'enfouissement des déchets radio actifs" orchestré par l'ANDRA (Agence nationale des déchets radio actifs) implanté sur le site de Bure à la frontière de la Meuse.

Ce site, est destiné à recevoir des déchets hautement radio actifs à vie longue. Son implantation a été possible grâce à l'ANDRA qui "arrose" les communes à coup de millions d'euros, depuis plusieurs années l Cet organisme d'état a ainsi pu ouvrir avant cela un site de stockage en surface à Soulaines ainsi qu'à Morvilliers.

 

La troisième situation évoquée concerne le projet d'un parc touristique par le même Conseil Général, à Châteauvillain : "Animal Explora". Ce projet coûtera plusieurs millions d'euros. Toute la population n'est pas favorable à ce projet car il doit être implanté sur un parc naturel où faune et flore y sont prospères. Pour cela il faudra "dé-naturer" le naturel, tout ceci dans le style "sous les pavés la plage" où tout n'est qu'artificiel...

 

 

FABLE DEMAGOGIQUE

 

Le roi des animaux, en voyant son royaume aller de mal en pis

et craignant pour sa propre escarcelle,

dépêcha sire Goupil,

auprès des sages du Conseil

afin d'élaborer un plan de restructuration

qui soit en tout point favorable

à combler les cassettes royales

pour une prospérité durable.

Ils se mirent au travail, puis après plusieurs mois de délibérations

remirent à sa majesté le fruit de leurs cogitations.

 

- "Voilà, Sire, au-delà des frontières, nous avons connaissance

d'un riche et puissant animal régnant en maître incontesté

sur un pays prospère en constante croissance.

Nous fûmes fort bien reçus en sa royale cité

et venons de ce pas vous conter l'entrevue

avec ANDRAGYNE près duquel nous nous sommes entretenus.

Il vous apportera assurément

des solutions durables à tous vos tourments.

Cet illustre animal nous assure en tous points

dans la tâche qui vous occupe, d'un financier soutien.

Ce vénérable voisin vous demande en échange

un tout petit rien, une bagatelle : de votre territoire, quelques arpents,

pour y entreposer les excédents

dont il ne sait que faire tant il en est produit

par l'activité florissante de son industrie.

Nous savons qu'aux confins du pays, il est une étendue

qui pourrait fort bien faire

de ce puissant l'affaire.

Votre prospérité tant attendue

ne vaut-elle pas un sacrifice en lui cédant moyennant manne financière

de vos propres terrains quelques arpents de terre  ?

Nous savons par ailleurs que l'endroit convoité

n'abrite en son sein qu'une vile valetaille

que nous aurons tôt fait

et sans livrer bataille

d'allier à vos côtés."

 

- "Certes, répondit le roi, cette proposition est alléchante assurément !

je ne saurais refuser stupidement

cette manne providentielle

qui pourra m'apporter des profits substantiels."

 

La chose fut arrêtée

et le roi décida de convier

en séance plénière tous les grands du royaume, Ministres et édiles,

bourgeois, valets, militaires et civils,

à grand renfort d'affiches et de convocations

pour un rassemblement démocratique

et un vaste sondage d'opinion.

Les chantres du royaume louaient partout dans le pays

ce grand rassemblement démocratique.

Le roi se garda, bien, de mentionner son pacte diabolique

avec son puissant et terrible voisin ANDRAGYNE le maléfique.

Le jour venu, l'on vit s'acheminer vers le lieu de la cérémonie,

arrivant des coins les plus reculés du pays,

une population en liesse qui se rendait en hâte

aux portes de l'amphithéâtre.

Assurément ce fut une belle parade ; les sujets purent aussi admirer

pour la première fois leurs prévôts, ministres et préfets.

Durant la matinée, ils firent tour à tour

de beaux et longs discours,

promettant à chacun et à tous, leur contribution active

dans cette grande démocratie participative.

Puis le grand moment vint

de s'exprimer enfin.

 

-"Mesdames et Messieurs et chers administrés,

déclara le Premier ministre du roi, nous allons maintenant écouter,

ce que pour le royaume vous voulez proposer

Afin que votre roi retrouve sa prospérité.

Ayant pris du retard, sa majesté vous prie

d'être dans vos propositions, aussi brefs que concis."

 

L'assemblée fut ainsi répartie en trois groupes égaux,

ministres, militaires et prévôts

attendant sous une vaste tenture,

que soit portée à leurs oreilles la populaire sentence

par des scribes assignés aux tâches d'écriture

qui notèrent rapidement projets et doléances.

Les débats furent rapidement et rondement menés ;

après quelques minutes de délibérations chacun ensuite fut convié

à rejoindre prestement le lieu de la cérémonie.

Ainsi fait, après leur déjeuner

les discours reprirent tout l'après-midi.

Le conseil du roi donna compte rendu des actes populaires ;

les ministres debout au centre de l'amphithéâtre,

dans un cérémonial d'étiquette royale présentèrent,

documents et croquis, préparés de longue date ;

puis les hérauts du roi annoncèrent l'arrivée de sa royale majesté

qui fit un beau discours devant la salle médusée :

 

"Grâce à vous le pays connaîtra une royale et durable prospérité

car notre voisin ANDRAGYNE nous a promis de financer vos illustres projets

contre un peu de terrain que nous lui cèderons pour y entreposer

ses surplus de produits. Notre royale personne vous offre pour ce faire,

un pôle scientifique chargé de recycler

le surplus des produits dont cadeau va vous faire

notre aimable voisin ANGRAGYNE dans sa vaste bonté.

Dans notre royale clémence je vous promets aussi

un parc tout spécialement conçu à vos loisirs infinis"

Les quelques rares contestataires lucides au diabolique projet

furent par le sage conseil bien vite muselés.

 

MORALITE :

après avoir tant de fait de bruit

et de coûteuses cérémonies

dépensant les deniers du peuple sans grand discernement,

sa majesté le roi accoucha de la démagogie

et le peuple s'en retourna tout marri

de la farce de son gouvernement.

Il est fort à parier d'ici peu que la population souffrira

du méfait des surcroîts de la production d'ANDRAGYNE

Mais le jour où la réversibilité des consciences enfouies

permettra à jamais la chute de tous ces rois maudits

s’effectuera alors une prise de conscience planétaire :

et les ANDRAGYNES de tout poil disparaîtront de l’univers.

Par Danielle - Publié dans : FABLES ET FARCES
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Mardi 8 avril 2008

je me rends au colloque en tant que citoyenne lambda,

invitée démocratiquement

et personnellement

comme tous les autres Hauts-Marnais d'ici et là,

par voie postale, (à régler 49 euros) afin de donner mon avis,

dans un grand débat au sein d'une démocratie 

qui se veut consultative,

démocratique et participative.

 Il est indispensable, nous dit-on, que les populations  soient consultées,

afin d'obtenir, sans l'imposer,

l'installation de sites d'enfouissement !

Nogent… même lieu qu'aux assises du développement…

même farce… ! De débat ? que nenni !

Comme aux assises, ici aussi,

le temps de parole pour les participants était compté. 

Nous sommes cent soixante-dix. J'ai compté,

puisque j'ai déposé sur chaque table,

sans oublier les chaises sans table, 

un tract réalisé par mes soins et sans aucune subvention

ni aucune participation

politique ou associative ! Oui ! Cent soixante-dix, à qui, au cours de la journée,

il aura été accordé

trois tout-petits moments de parole afin d'émettre opinion, remarques et questions

sans pour autant obtenir réponse à leurs interrogations !

exemple : les roches stabilisées, trouvées en sous-sol seront-elles, 

en superficie, volume et profondeur, assez importantes

pour recevoir durant les siècles à venir, nos déchets, ces bagatelles ?

pas de réponse à ma question implorante.

 

Ce n'était pas un débat ! ce n'était qu'une confrontation

d'idées, d'expériences, d'opinions,

entre hommes convaincus

dont les idées seront très utiles pour endormir à nouveau

populations et élus locaux.

les enjeux sont faits ! Rien ne va plus !

impair et passe !

au suivant ! et restez à vos places !

les discours laissent transpirer la certitude générale sur la relance du nucléaire

et l'enfouissement en profondeur !

quelle erreur !

Tous, sont sereins et certains, que la voie du nucléaire 

est la seule bonne chose pour régler nos problèmes climatiques !

Ils nous assurent, scientifiques et politiques

que nous n'avons rien à craindre !

Pourquoi se plaindre ?

Il ne faut pas, de ce sujet si beau, en faire un tabou honteux !

Le nucléaire est merveilleux, il n'est pas dangereux !

ils en ont la maîtrise ! 

quelle traîtrise !

Les réacteurs de quatrième génération seront sûrs et sans danger !

Ils ne généreront que très peu de déchets !

Le sous-sol choisi dans chaque pays,

permettra aux containers enfouis

de résister à toute épreuve naturelle, érosive et sismique !

Oui ! citoyens ! soyez rassurés puisque nos scientifiques et hommes politiques,

sont convaincus que la science est exacte, qu'elle était vraie hier

et qu'elle l'est aujourd'hui ! Pourtant, lorsque les centrales nucléaires

ont été mises en fonctionnement,

rien ne laissait présager

dans les certitudes du moment,

des problèmes qu'elles allaient générer ! 

Mais bon ! la science est exacte, me dit-on, Je veux bien !

Cependant, j'y ai perdu mon latin !

Ce sont peut-être seulement les scientifiques qui se trompent

Et… qui nous trompent… !

 

Cessons ces digressions et revenons-en aux débats

et à l'objet du complément direct du sujet de là-bas !

Bien que savamment enveloppé, j'ai senti

que le souci premier des différents pays, la France y compris,

est d'avoir l'accord des élus et de la population

pour procéder rapidement à l'implantation, 

de sites d'enfouissement,

appelés ici "Laboratoire de recherche" afin de mieux faire "passer la pilule",

le tout arrosé que quelques bons euros

sonnants et trébuchants dans l'escarcelle 

des populations naïves et de leurs non moins naïfs élus locaux,

souvent dupés par cette manne providentielle.

C'est  donc du problème de "l'acceptabilité locale" qu'il s'agissait ici !

Et chacun de confronter ses expériences

et déployer en la matière sa science.

Ha ! que de bonnes idées n'ai-je pas entendues

de la part de tous ces représentants par le peuple, élus !

Cela ne fait pas l'ombre d'un doute, elles seront reprises,

qu'on se le dise !

Ces bonnes et nobles idées

pourront désormais être ici peaufinées

par chacun,

élus locaux et politiques de haut rang, qui jusqu'alors pataugeaient 

et ne savaient que faire pour parvenir à leur fin !

La Belgique me semble être en la matière,

digne du prix d'excellence ! leurs anciens viennent même regarder passer les convois de déchets nucléaires

comme on se rend le soir au spectacle annoncé !

Là-bas, ils semblerait que la grenouille

soit déjà cuite et prête à servir dans la tambouille !

On nous a apporté sur un plateau la preuve de la populaire acceptabilité

et celle de l'insignifiance de ces quelques rejets anodins.

(Voyez un peu : un millions huit cent mille tonnes de déchets

générés en France depuis trente ans, une bagatelle, trois fois rien !

Il n'y a rien à voir ! Circulez ! Certes, ces déchets sont là ! Il faut trouver une solution !

Rassurons-nous ! ces Messieurs veillent et ont trouvé :

Après avoir convaincu les élus locaux et leurs administrés,

du bien-fondé de leurs propositions,

les déchets anciens seront enfouis

par cinq cent mètres de profondeur, quelle hérésie !

On ne les verra plus,

on sera assis dessus !

Pour les déchets à venir, ils seront stockés en surface en attendant qu'un "Prix Nobel"

un jour, annonce la bonne nouvelle

qu'il a trouvé la solution définitive pour transmuter "cette matière première",

Car il paraît en fin de compte, ai-je entendu, 

que nos déchets, sont à considérer, ça c'est du jamais vu,

comme de la matière première !

A l'extrême, la radioactivité ne serait qu'une vue de l'esprit, une invention !

D'autre part, la relance d'un nouveau programme de centrales fera aussi l'objet de cette fameuse "acceptabilité" sociale.

Les participants sont tous affirmatifs, convaincants et pleins de bonnes intentions :

les nouveaux réacteurs feront peu de déchets, seront sûrs et sans faille.

Quant aux nouveaux déchets,

nous saurons les traiter !

Citoyens ! en attendant les 20 à 50 ans prochains,

à les croire, autant dire demain,

notre sol et sous-sol départemental,

 régional, national et mondial,

notre atmosphère

notre bon air,

seront les uns, une vaste poubelle explosive,

les autres amplement détruites et corrosives !

Citoyens ! à vos lits ! qui de vous engendrera

le "Prix Nobel" attendu qui sauvera,

Hum… ! est-ce possible… vos enfants et petits-enfants,

et tous leurs descendants ? Ils sont si convaincants,

ils sont si sûrs d'eux,

qu'un moment, il s'en est fallu de peu,

j'ai été ébranlée dans mes convictions,

qu'avec le nucléaire,

nous avions fait l'œuvre du diable, hier,

et qu'aujourd'hui et demain,

nous continuerons cette œuvre diabolique ! Oui ! ils ont failli m'avoir

avec leur beau discours prometteur et leur docte savoir !

Je n'ai pas regretté finalement, que d'autres citoyens lambda ne se soient pas acheminés

à cette grande messe des gourous du parlement européen,

scientifiques, politiques et français,

car, ils auraient en une seule journée

convaincu tous ceux qui sur la question,

n'ont pas d'avis ou d'opinion

ferme et bien arrêtée, 

tous ceux qui n'y ont jamais pensé,

ceux qui sont convaincus à moitié

et ceux qui encore hésitaient !!!

Oui ! Ce que j'ai entendu tout au long de cette journée,

m'a fait froid dans le dos pour l'avenir de nos petits-enfants,

de la terre et de ses descendants !

Par Danielle - Publié dans : FABLES ET FARCES
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Mardi 8 avril 2008

 

 

Notre société se trouve prisonnière de schémas dont elle a du mal à se dé­faire. Les mentalités évoluent peu en profondeur. Il lui est difficile de se sor­tir de son carcan et d'envisager d'autres schémas, tant sur le plan intellec­tuel que sur le plan de la conception architecturale. En d'autres termes, elle manque d'imagination et préfère continuer à appliquer ce qu'elle connaît bien, même au détriment de son évolution. Ceci est particulièrement visible quand il s'agit de réformes : c'est le NON systématique qui fuse de part et d'autre.

La Culture, sa diffusion, son appropriation par les populations est l’une des victimes de ces schémas mentaux ; la télévision a largement contribué à fixer ces schémas en même temps qu’au fil des années, depuis sa naissance, elle a enfoui les consciences.

 

C’est le cas aussi en matière de développement économique : quand il s'agit d'imaginer des projets novateurs les propositions tournent essentiellement sur l'espoir d'at­tirer des grosses entreprises qui semble-t-il seraient le remède à nos maux. Là encore les schémas persistent.

Il en va de même dans le domaine du tourisme, du loisir et de la Culture. Le schéma du grandiose perdure.

 

Rien n'est fondamentale­ment changé en profondeur. Les schémas restent les mêmes, il n'y a que les apparences qui changent.

Dans certains domaines, les appellations changent ; on ne parle plus de femmes de ménage mais de techniciennes de surfaces, on ne dit plus "aveu­gle" mais non-voyant, les Basses Alpes sont devenues Alpes Maritimes… ce­pendant rien n'a changé : les "techniciennes de surface" continuent de faire le ménage tandis que les aveugles n'y voient toujours pas, les Alpes mari­times n'ont pas bougé de place et sont toujours en bas des Hautes-Alpes qui leur font la nique !

 

En matière d'équipement immobilier les idées sont également figées. Il n'est qu'à regarder les "salles polyvalentes", les salles de spectacle et les gymna­ses pour mesurer l'étendue de ce manque d'imagination ; ils correspondent tous à un schéma classique qui limite leur utilisation ; même dits "beaux" ces bâtiments ne sont pas "rentables" et sont finalement sous exploités à cause même de leur unicité d'utilisation.

 

La Haute-Marne ne fait pas exception. La plupart des salles destinées à ac­cueillir un public sont désespérément figées dans une organisation frontale de l'espace ou sur un espace rectangulaire offrant peu de possibilités. Certes, l'architecture en elle-même a évolué, mais là encore on retrouve un peu partout le même style. Ce qu’il est nécessaire de modifier c’est bien l'essence même du lieu dans une approche raisonnée et réfléchie afin que celui-ci soit réellement polyvalent, exploité au maximum et utilisé le plus souvent possible (ce qui réduira la durée d'amortissement entre autre) La polyvalence telle qu'elle est conçue aujourd'hui ne réside que dans le sens du vocable même et non dans sa finalité et sa réalité.

 

Nos ancêtres lointains avaient compris cette notion en réalisant des amphithéâtres où le spectacle est au cœur des spectateurs. Ils étaient le lieu de spectacles di­vers et variés où le sport et le théâtre faisaient bon ménage.

 

Dans le domaine du théâtre, quelques rares troupes dites d'avant garde (ce qui prouve la fixité des mentalités !) ont su réellement innover. Les acteurs ont abandonné la scène traditionnelle, représentative dans l'inconscient d'un certain pouvoir émanant du Haut vers le Bas. Ils sont "avec" et parmi les spectateurs.

Pour rentabiliser au maximum un bâtiment de nature à accueillir sport, spectacles, expo-sitions, concerts, conférences, séminaires, cérémonies etc., pourquoi donc ne pas imaginer la construction d’amphithéâtres à la place des salles dites polyvalents, parfois esthétiquement bien réalisées mais demeurant néanmoins banales ? La réalisation en forme d'arène pourrait être accessible à nombre d'activités sportives, culturelles et festives.

Certaines structures du bâtiment comme des parois, le revêtement de sol par exemple, seraient amovibles et interchangeables, ce qui améliorerait considérablement polyvalence et rentabilité.

 

Dans le cadre de l’intercommunalité, ces petites structures du type amphithéâtre pourraient être implantées sur le territoire d’une commune «phare» avec un rayonnement des communes autour, participantes et bénéficiaires de ces réalisations. Ces «unités» communales offriraient ainsi un maillage intéressant en matière culturelle, sportive et de loisirs. L’économie réalisée sur la construction d’un gymnase et d’une salle des fêtes sur un même canton, voire sur une même commune servirait à la réalisation de ces nouvelles structures.

 

Au contraire de cela, toujours prisonniers de leurs schémas mentaux, les hommes imaginent des bâtiments immenses, pouvant accueillir des centaines de personnes. Ces bâtiments sont coûteux aussi bien dans leur réalisation que dans leur fonctionnement allié au fait qu’ils sont dans tous les cas sous-exploités. D’une part, ils concentrent en un même lieu les manifestations culturelles ou sportives, favorisant les uns et défavorisant les autres, d’autre part, et surtout pour notre département, l’offre d’accueil des touristes, visiteurs, participants, etc. est souvent inexistante ou insuffisante pour absorber cette affluence ponctuelle et non durable de surcroît.

 

En milieu rural il serait plus judicieux d’offrir aux acteurs de la Culture une large diffu-sion au cœur même des villages et cantons. Ces petites unités favoriseraient largement cette diffusion sans se heurter au problème de la « masse » d’accueil à gérer.

 

Une communauté de communes pourrait favoriser deux ou trois projets du « tout en un » sur son canton tandis que l’alliance de toutes les communautés de commune aidées par le Département et la Région pourrait permettre de mettre en œuvre la réalisation d’une structure polyvalente beaucoup plus importante à l’échelon du Département afin d’élargir au niveau régional, national voire international l’accueil de manifestations à plus grande échelle : Concerts, théâtre, cinéma, sports, conférences, expositions, etc.

 

Tant que nous resterons dans cet "intégrisme" intellectuel et tant que chacun raisonnera pour son "clocher" et non pour "tous", du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest du départe-ment et de la Région, il y a peu de chance de parvenir à un réel changement. Savoir se projeter au-delà de la frontière communale, au-delà du "Pays Nord", au-delà de ses propres schémas, dans le but de mo­biliser toutes les énergies pour réussir serait certai-nement le point de départ d'un véritable changement.

 

La condition pour parvenir à la réalisation de tels projets dans une optique non plus du "chacun à soi, chacun chez soi", serait que les élus travaillent ensemble.

Le terme "ENSEMBLE"  ne serait plus une "vue de l'esprit" restant sans len­demain mais un réel travail en partenariat. Il s’agit là encore de dépasser ses propres schémas, ses propres intérêts pour réfléchir à l’intérêt du plus grand nombre et cesser enfin de vouloir chacun son gymnase, son terrain de tennis, sa salle des fêtes et de s’en faire une gloire dans le but de chatouiller son ego et les urnes…

 

La diffusion, l’appropriation de toutes les formes de culture passent par une « re-visite » préalable de la conception des locaux et une nécessaire modification de nos schémas mentaux.

Par Danielle - Publié dans : REVOLTES
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