Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 14:08
 

Un homme sage et avisé très occupé par ses affaires,

las de courir sans cesse et gagné par l'ennui d'une vie solitaire,

résolut un beau jour de battre la campagne afin d'y trouver femme.

sitôt dit, sitôt réalisé, il entreprit séance tenante de cesser sa carrière

confiant à la gazette locale le soin de diffuser sa flamme.

ce travail accompli, et sans plus y penser, il continua ses tâches journalières.

 

Non loin de là, vivait dans sa principauté

une gente et noble dame, retirée

des tourments de ce monde,

déçue par la lâcheté des hommes et leur faconde.

Elle n'avait pas renoncé cependant,

de rencontrer un jour un prétendant,

car se disait-elle, il doit bien exister

sur cette terre quelque tribun

pour venir avec moi partager

les délices de mon jardin !

Lisant la gazette, elle fut séduite par les propos

de notre damoiseau.

Je verrai bien se dit-elle, si cet homme en tout point avenant

sera comme il se définit, ardent homme énergique,

de bonne éducation, ouvert et dynamique,

et si d'aventure paraissant devant moi il saura se montrer galant,

de sa verve et de sa superbe me plaire et me charmer.

Sans plus attendre,

elle rédigea réponse, le conviant à se rendre,

un jour de sa convenance, dans sa principauté.

 

Quelques jours plus tard, notre sage homme recevait un billet,

la demoiselle l'invitant à venir prendre un thé.

L'après-midi fut agréable,

ils échangèrent quelques idées,

la dame le trouva tout à fait à son goût, et ma foi, fort aimable.

Rendez-vous fut donc pris pour un prochain déjeuner.

Pour cette occasion,

elle lui concocta avec délectation,

nappe blanche et fleurs d'été, hors-d'œuvre et mets appétissants

déployant sans compter, afin de le ravir,

tout le talent et la passion qu'elle pouvait lui offrir.

Quand il vint à sa table, elle trouva bienséant

de lui dédier, arrivés au dessert,

quelques uns de ses vers,

puis sans ambages elle lui donna son cœur et ses secrets. 

 

Elle parlait au présent, d'amour, de soirées tendres, lui offrait

son jardin, loin des choses terrestres et des biens matériels.

Lui, voyait au futur et regardait plus loin

pour savoir de quoi pourrait bien être fait demain.

il lui parlait négoce, avenir rationnel,

elle lui parlait en rimes de couchers de soleil, des arbres en hiver ;

lui, très occupé, discutait de choses monétaires,

dissertait de raison, de planification.

S'attachant à saisir, ces considérations  pour elle inhabituelles

la dame l'écoutait, intéressée par ces idées nouvelles.

 

Las ! notre homme d'affaires très affairé,

par ses affaires surchargé,

battait la campagne, courait sa clientèle,

poursuivait sans relâche moult activités industrielles,

loin de se préoccuper davantage de notre damoiselle,

oubliant son projet il délaissait la jouvencelle.

 

Après quelques contacts sporadiques,

de brèves conversations téléphoniques,

(ce noble damoiseau n'ayant aucun moment

pour s'occuper de la dame et de ses tourments),

notre très affairé bonhomme dans un bref et succinct vocabulaire

adressa sa démission à la principauté sur un bristol des plus ordinaire.

 

"Tiens ! pensa-t-elle, je le plaçais plus haut, je le croyais plus beau,

qu'un quelconque bristol noirci de quelques mots !"

la donzelle pensa qu'elle avait du lui paraître bien sotte

avec ses poèmes à l'eau de rose, et son thé bergamote.

"Je ne comprends pas, se disait-elle aussi, comment on peut courir

à travers vaux et montagnes

battre à la fois l'amour et la campagne

pour espérer tout à coup ressentir

coup de foudre et passion !

Assurément, ce jouvenceau est homme d'exception !

A cette noble tâche il faut se consacrer,

préparer le terrain,

cultiver soigneusement l'amour que l'on pourra donner

quand il se présentera au détour du chemin,

être prêt à ne pas le manquer

quand un après-midi d'été

frappant à votre domicile

il vous demande asile.

 

Pourquoi se disait-elle, ce vénérable et docte personnage

de surcroît fort bon et fort sage,

a-t-il donc répondu à mon invitation puisqu'il n'était pas prêt

en toutes circonstances, à recevoir l'amour ainsi qu'à le donner ?

Qu'ais-je pu faire, qu'ais-je dû ne pas faire

pour à ce point lui déplaire

et me voir congédiée

sans autre forme de procès ?

En tout état de cause j'espérais plus de franchise et d'honnêteté

de ce gentilhomme et vaillant chevalier !"

 

Pour en finir, la jouvencelle se dit au demeurant qu'elle préférait

rester dans sa principauté

afin de profiter des bienfaits

et richesses que lui offrait son potager

plutôt que vivre avec un jouvenceau pressé, courant après le temps.

 

Avec lui il aurait fallu que toujours elle conjugue au futur

ne sachant pour sa part ne le faire qu'au présent

et que se perdre en conjecture

sur les affaires mercantiles de ce monde épuisant

doit être assurément réservé aux plus grands des esprits olympiens !

Car après tout, songeait-elle, il est vain

de chercher à savoir ce que sera demain,

le présent n'est-il pas préférable à l'avenir incertain ?

 

Par Danielle - Publié dans : FABLES ET FARCES
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 14:20
 

                Un homme sage, très affairé

             par ses affaires qui le tourmentaient

             au sortir de sa douche glissa sur le carreau

             et s'emmêla les pieds.

             S'ensuivit une dégringolade ;

             patatras ! tout cassé, tout cabossé,

             bien malade,

             il fut contraint au repos

             toute affaire cessant ;

             tout déconfit,

             notre sage homme

             dû rejoindre son lit.

             Patatras ! face de rat ! c'est la fée Carabosse

             qui, prenant pitié de notre malheureux bonhomme

             lui joua ce vilain tour, l'obligeant

             à cesser son négoce.

 

  Si prendre la route le dimanche est périlleux

  quand on a la tête bien trop pleine,

  il est tout aussi dangereux

  de sortir de sa douche en semaine

  quand par ses affaires, on est un peu distrait.

  Faut-il pour autant se priver

  de ses sorties dominicales

  et de ses ablutions matinales ?

 

  Demandez donc à la fée Carabosse !

 

Par Danielle - Publié dans : FABLES ET FARCES
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 14:22
 

Pourquoi la rime, "amour-toujours"

serait-elle interdite de séjour

et ne pas laisser croire qu'ainsi toujours

sera l'espoir d'un éternel amour ?

et que celui qui subit ce douloureux bonheur

devrait sans réserve accepter son malheur

le "jamais" son contraire, et ne plus le rimer

qu'avec "aimer" à l'imparfait ?

 

Avec les mots usés,

les clichés désuets,

les poncifs méprisés

des académiciens,

je flâne et je bats le bitume

sur les sentiers battus et surannés

des troupeaux prétoriens,

de la rime banale, de la prose commune.

Avec les mots usés

dénués d'originalité

avec les lieux communs

je solfie et module un quatrain.

 

Secouant les règles de la prosodie,

bousculant la strophe appauvrie,

poussant l'hémistiche à la ligne

et sautant l'interligne,

je brise la césure

Je brise l'armature

fais tomber son armure

j'ouvre la cage aux mots

pour qu'ils chantent mes maux.

Je prends l'alexandrin

jouant à contre-temps

la mesure, la cadence

et le nombre,

et, faisant tomber la rime finale

à l'initiale de l'hémistiche

je crée une dysharmonie

un rythme musical.

 

Je crée une musique, une douce rythmique

et jette ça et là mes strophes dysharmoniques

et mes rimes bancales sur les chemins de la métrique,

de la juste mesure, des vers concordants

et de l'enjambement.

 

Qu'importe alors les rimes

qui ne riment à rien

le bégaiement des vers,

l'entorse académique,

pourvu qu'on ait l'ivresse…

 

Je préfère m'attarder

sur le rythme enchanteur

des mots alignés sur ma page

sans rigueur et sans soin

même si la rime est pauvre

sans force, sans précision,

à l'envers,

à l'endroit !

 

Je joue de l'interligne, du point de suspension…

j'apprivoise la virgule à la fin de mes vers

où je veux que l'amour,

du soir au matin et du matin au soir

s'accorde et rime avec toujours,

Car "jamais" n'a pas droit de cité !

 

Je veux ma versification

de toute contrainte affranchie

et laisser libre court à son inspiration.

Loin de toute anarchie

je ne veux l'enfermer, la serrer

dans le bastion de la raison académique

l'emprisonner, la murer

de riches rimes scientifiques.

Il faudrait qu'elle tienne, coincée, bridée,

dans un carcan, une cage dorée

de palmes poétiques ! Qu'est-ce que la poésie

si je dois la tronquer en lignes limitées,

en mots contingentés, coincés, circonscrits

sur un seul feuillet qu'elle ne peut déborder ?

 

Je veux écrire plutôt des accords cadencés

aux rythmes assonants de croches et noires pointées,

de triolets mutins, de blanches et de soupirs

en point d'orgue infini, sans aucun repentir !

Toi qui un jour m'a apporté puis repris ton amour,

qui m'a inspiré ces quelques mots apprivoisés,

je veux que pour toujours

sur le blanc du papier demeure à tout jamais

ces instants merveilleux

où j'ai dompté la rime, soumis l'alexandrin.

J'ai trouvé délicieux

et sans plus de manière,

négligeant le rondeau, amadouant le quatrain,

de vous dédier, en mauvaise écolière ces vers

 

Par Danielle - Publié dans : REVOLTES
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Samedi 12 avril 2008 6 12 04 2008 16:38
Pauvre piou-piou ! il se démène pourtant afin de plaire,
afin d'être retenu dans l'impitoyable sélection.
Pauvre piou-piou ! il se sait pas que la moindre faiblesse est un arrêt de mort !
seules priment la férocité et la rentabilité !
la rentabilité à tout prix !
comme il fait pitié ! plus il se décompose, plus il va à sa perte !
rentabilité au mépris des droits de l'homme,
rentabilité au mépris de la vie,
au mépris du futur...

 



Par Danielle - Publié dans : Généralités
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Samedi 12 avril 2008 6 12 04 2008 20:10
 

En mai 2004 une nouvelle «campagne de mobilisation nationale» paraissait dans les médias dont le but était de sensibiliser les Français au problème de l'effet de serre". Il apparaît que je suis une imbécile ainsi que mes concitoyens puisque Monsieur Devedjan  y déclarait : «on va se charger de les aider à comprendre et à se comporter intelligemment». Bigre ! Je ne savais pas que nous étions aussi bêtes !

 

Il est une fois de plus demandé au peuple de faire des efforts -après ceux acceptés de force pour la retraite, l'emploi, les CSG, la Sécu, etc.- pour améliorer la situation car "nos comportements quotidiens sont responsables de la moitié des rejets de gaz à effet de serre".

 

Il nous est demandé de réduire notre consommation d'énergie électrique alors que des bâtiments de bureaux, des bâtiments publics, restent allumés toutes les nuits et d’autres toute la journée.

 

Dans nos villages des "lampes de rue" restent allumées la journée, des lavoirs, des églises, des monuments sont illuminés une grande partie de la nuit, voire toute la nuit alors qu'il n'y a pas un chat dans les rues de nos villages la nuit ! Il est même des villages qui se prennent pour Versailles. Quel gaspi ! «C’est pour éviter les actes de délinquances » nous dit-on… Pourtant, que je sache, le taux de celle-ci ne diminue pas considérablement !

 

Au plus fort de la canicule les monuments à Paris étaient abondamment illuminés. La tour Effel était habillée de projecteurs et de guirlandes clignotantes des pieds au sommet et ceci durant plusieurs semaines ! Dans le même temps, une Ministre déclarait que nous aurions à accepter le sacrifice de nous passer d'électricité car il était question de coupures pour alléger les centrales. Aux informations télévisées, une journaliste énumérait aux citoyens les recommandations anti-gaspi en matière d’éléctricité avec en décor de fond, une vue sur la Tour Effel totalement illuminée !

 

Dans le même temps, les constructeurs mettent sur le marché de plus en plus d’appareils équipés de « veilles » du plus petit appareil au plus conséquent (radio-réveil, chaînes Hi Fi, ordinateurs, appareils électroménagers, téléphones, etc.). Les équipements se font de plus en plus par des systèmes électriques dont les fabricants font la promotion, sans parler des système de climatisation qui se multiplient !

 

Éteignons les lumières lorsque nous quittons une pièce… mais laissons à la Tour Effel le privilège d’illuminations coûteuses et aux pouvoirs publics celui de laisser la nuit les bureaux sous le feu des néons !

 

Aujourd’hui il nous est demandé de nous « serrer la ceinture » avec le carburant si polluant. Pour ce faire nous devons réduire notre vitesse, nous devons éviter des déplacements inutiles, nous devons faire du co-voiturage, il est même question de réduire la vitesse à 110 km/heures sur les autoroutes, bref, nous devons nous « prendre la tête » pour consommer moins afin de préserver la couche d’ozone !

 

Dans le même temps, les essais automobiles sont toujours autorisés ; dans nos villages, le tourisme vert avec quads et 4X4 (cherchez l’intrus) se multiplie dès le printemps, tourisme organisé à grands coups de « Cocorico » par des municipalités.

 

Dans le même temps, arrivent toutes les semaines et toute l’année à Rungis des cargaisons de fruits et de légumes « hors saison » ayant voyagé par avion, train, bateau, camion avant d’arriver sur nos étals.

Cherchez les contradictions !

 

Dans le même temps, le « made in China » se multiplie, nous ne trouverons bientôt plus que des produits venant de Chine, ce qui nécessite tout un appareillage de moyens de transports polluants !  Nous n’avons pratiquement plus le choix même si nous voulons acheter « autrement » !  Mais soyons bons citoyens ! Faisons du co-voiturage pour aller acheter afin que continue l’invasion !

 

Économisez citoyens ! Serrez-vous la ceinture citoyens ! Faites preuve de civisme ! Comportez-vous intelligemment ! Mais « fermez les yeux » sur le gaspi des pouvoirs publics et ne vous posez pas de questions sur ce qui se passe autour de vous !

 


 

Par Danielle - Publié dans : REVOLTES
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