Dans notre beau pays Haut-marnais, s’est installé il y a quelques années déjà, un animal
tentaculaire, l’Andragore, cachant en son sein une cohorte d’andragynes tous à elle dévoués.
Cette bête menteuse et perfide vit dans les bas-fonds parmi les immondices qui sont pour les andragynes source de profits substantiels. Aidée de son armée d’andragynes, elle implanta sur le petit
fief sinistré et désertique de Bhûr, localité jusqu’alors ignorée du monde, une entreprise diabolique qu’elle appela pudiquement «Laboratoire scientifique» ou encore «laboratoire de
recherche souterrain.
Grâce à ses pouvoirs étendus, à ses promesses mirifiques, multipliant flatterie et séduction, usant de sa substance anesthésiante l’heûrrhô, qui justement faisait cruellement défaut aux zhumains
de cette planète qui en raffolent, la bête immonde parvint à phagocyter la conscience de ses victimes piégées par ses sortilèges. Des édiles vendirent leur conscience et leur âme à ce démon
contre l’heûrrhô tant convoitée. Elle put ainsi rester à Bure après avoir réalisé ses funestes projets dans les localités de Shoûlhaines et Morts-Villiers en pays
voisin.
Cependant, dans un petit village isolé, une poignée d’opposants comprenant ses vils desseins, résista aux pouvoirs soporifiques de la bête et s’opposa activement
à ses projets démoniaques. Ils érigèrent un œil gigantesque devant le repaire des envahisseurs. Tel l’œil d’Abel poursuivant Caïn, il perturbait la Superbe de ce maléfique animal le faisant
souvent grincer des dents lui qui aspirait à la réalisation parfaite de ses projets !
Un jour, un andragyne dévoila le but de ce laboratoire. Ce dernier prit alors le statut de « laboratoire d’enfouissement » et Bhûr celui de
« poubelle nuckléaire ». Les résistants quittèrent leur village. Ils organisèrent une expédition dans l’antre du monstre et érigèrent une nouvelle statue : un poing vengeur tendu
vers l’Andragore et ses andragynes.
C’en était trop pour l’Andragore. La sanction tomba : l’œil et le poing furent détruits « anonymement » une nuit, par quelque sbire
recruté chez les andragynes.
Les symboles détruits n’empêchèrent pas les résistants de continuer leur lutte. Ils créèrent un nouveau symbole, plus difficile celui-ci à détruire : BZL ou Bure Zone Libre ! Faisant un
formidable pied de nez à l’ANDRAGORE, à son Laboratoire maudit, à sa décharge d’immondices et à tous ceux qui se cachent derrière ce pseudo-labo, ils s’installèrent dans une grande bâtisse,
acquise en toute légalité : juste en face des bureaux des andragynes, près d’un lavoir où, vous vous en doutez, ils n’iront pas laver leur linge ensemble. Ils l’ont appelée : LA MAISON
DE LA RESISTANCE.
EXPLICATIONS :
Le fameux «labo» de bure et l’ANDRA ont reçu ces derniers mois, il faut bien l’avouer, un certain nombre de coups de poings qui ont quelque peu fait grincer les
rouages de la belle mécanique et entamé la superbe de Madame ANDRA.
Souvenons-nous : Sur le désertique rond point de Bure face au « trou de Bure », se tenait depuis quelques années un oeil : « l’œil de la vigilance », ainsi nommé par les résistants au « labo ». Vint l’opération « poudre aux yeux ». Celle-ci, destinée à mettre non pas un pavé dans la mare mais un coup de poing au « Trou d’Bure » fut organisée par les résistants à l’intérieur même des vraies-fausses galeries du « trou » ; quelques symboliques burettes furent cassées à Bure ce jour-là… Il y eut ensuite l’opération « coup de poing ». Les résistants, dans la continuité de leur action « poudre aux yeux » érigèrent un grand poing sur le rond point de Bure. Plus grand que l’œil il se tenait menaçant face à la future poubelle. Ceci acheva le flegme de l’ANDRA. Les opposants reçurent du Conseil Général de la Meuse l’ordre d’enlever cette stelle sous le prétexte fallacieux qu’elle était dangereuse à la circulation. Huit jours leurs étaient accordés faute de quoi elle serait détruite à leurs frais. Par une curieuse coïncidence, le poing fut détruit, sans sommation préalable, une nuit, on ne sait par qui, leur épargnant ainsi le remboursement des frais de démolition : merci Madame ANDRA !
Plus tard, un autre « coup de poing » fut donné dans le dossier bure à travers le CLIS (Commission Locale
d’Information et de Suivi) lors d’une séance plénière où les résistants déchirèrent le rapport de la CNE (commission Nationale d’Evaluation) devant le préfet. Aujourd’hui, un « nouveau coup
de poing est arrivé » : BZL (Bure Zone Libre) Ce symbole là sera plus difficile à détruire.
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