Pourquoi la rime, "amour-toujours"
serait-elle interdite de séjour
et ne pas laisser croire qu'ainsi toujours
sera l'espoir d'un éternel amour ?
et que celui qui subit ce douloureux bonheur
devrait sans réserve accepter son malheur
le "jamais" son contraire, et ne plus le rimer
qu'avec "aimer" à l'imparfait ?
Avec les mots usés,
les clichés désuets,
les poncifs méprisés
des académiciens,
je flâne et je bats le bitume
sur les sentiers battus et surannés
des troupeaux prétoriens,
de la rime banale, de la prose commune.
Avec les mots usés
dénués d'originalité
avec les lieux communs
je solfie et module un quatrain.
Secouant les règles de la prosodie,
bousculant la strophe appauvrie,
poussant l'hémistiche à la ligne
et sautant l'interligne,
je brise la césure
Je brise l'armature
fais tomber son armure
j'ouvre la cage aux mots
pour qu'ils chantent mes maux.
Je prends l'alexandrin
jouant à contre-temps
la mesure, la cadence
et le nombre,
et, faisant tomber la rime finale
à l'initiale de l'hémistiche
je crée une dysharmonie
un rythme musical.
Je crée une musique, une douce rythmique
et jette ça et là mes strophes dysharmoniques
et mes rimes bancales sur les chemins de la métrique,
de la juste mesure, des vers concordants
et de l'enjambement.
Qu'importe alors les rimes
qui ne riment à rien
le bégaiement des vers,
l'entorse académique,
pourvu qu'on ait l'ivresse…
Je préfère m'attarder
sur le rythme enchanteur
des mots alignés sur ma page
sans rigueur et sans soin
même si la rime est pauvre
sans force, sans précision,
à l'envers,
à l'endroit !
Je joue de l'interligne, du point de suspension…
j'apprivoise la virgule à la fin de mes vers
où je veux que l'amour,
du soir au matin et du matin au soir
s'accorde et rime avec toujours,
Car "jamais" n'a pas droit de cité !
Je veux ma versification
de toute contrainte affranchie
et laisser libre court à son inspiration.
Loin de toute anarchie
je ne veux l'enfermer, la serrer
dans le bastion de la raison académique
l'emprisonner, la murer
de riches rimes scientifiques.
Il faudrait qu'elle tienne, coincée, bridée,
dans un carcan, une cage dorée
de palmes poétiques ! Qu'est-ce que la poésie
si je dois la tronquer en lignes limitées,
en mots contingentés, coincés, circonscrits
sur un seul feuillet qu'elle ne peut déborder ?
Je veux écrire plutôt des accords cadencés
aux rythmes assonants de croches et noires pointées,
de triolets mutins, de blanches et de soupirs
en point d'orgue infini, sans aucun repentir !
Toi qui un jour m'a apporté puis repris ton amour,
qui m'a inspiré ces quelques mots apprivoisés,
je veux que pour toujours
sur le blanc du papier demeure à tout jamais
ces instants merveilleux
où j'ai dompté la rime, soumis l'alexandrin.
J'ai trouvé délicieux
et sans plus de manière,
négligeant le rondeau, amadouant le quatrain,
de vous dédier, en mauvaise écolière ces vers
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires